Eparse, Lisa Balavoine.

Et zut, voici typiquement le livre que j’aurais pu écrire -mais je n’ai l’ai pas fait eheh-, un livre sans prétention en apparence, mais sincère, parfois triste, souvent drôle, comme la vie.  La vie d’une femme d’aujourd’hui,  Lisa Balavoine, 43 ans, séparée, trois enfants. Une autobiographie ou autofiction, peu importe, éclatée, patchwork, composée de courts paragraphes allant de quelques pages à quelques lignes. Bien sûr on n’est pas dupe, l’ensemble résulte d’un montage de petits textes, de listes que l’on pourrait faire dans un atelier d’écriture, de citations glanées ça et là,  de réflexions écrites jour après jour. Mais le tout forme un genre de journal intime ou d’autoportrait très chouette,  dont le titre dit bien combien il est souvent malaisé de diriger et de recentrer sa vie… bien souvent tout part dans tous les sens, l’identité personnelle est bien difficile à cerner et ressemble à une vitre qui vole en éclat ou à un texte éclaté sur le papier.

Tout y passe donc : le couple bien sûr, sujet inépuisable, la rupture, chargée de tous ses regrets et doutes, l’éducation et la transmission, que ce soit avec ses propres enfants que par rapport à ses parents -les passages sur la mère de Lisa sont bouleversants- , l’amitié, la musique – miroir des sentiments, boomrang de la mémoire-, l’enfance, l’amitié et l’amour, la peur de vieillir. Un seul sujet est mis de côté, le travail…comme dit Lisa Balavoine, si elle n’écrit jamais dessus « c’est qu’elle n’a sûrement pas encore trouvé sa voie ».
Journal intime mais livre générationnel surtout, où toutes et tous les quarantenaires se reconnaitront. Les citations de chansons insérées ça et là, en tout cas pour moi, ont fait tilt, j’ai un patrimoine culturel comme on dit commun avec Lisa, et les artistes qu’elle aime sont ceux que j’aime, dans l’ensemble, – Dominique A, Michel Cloup duo, The Cure, Albin de la Simone….-. Les références à des films –Les amants du pont neuf vu trois fois à la suite lors de sa sortie- jouent également le même rôle…nous renvoyer à notre jeunesse perdue mais aussi à la beauté de ce qui perdure. Et les citations littéraires sont toujours bien choisies et intelligentes, placées là où il faut, sans pédantisme.

Oui, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de Eparse. Car au final les fils directeurs sont là -l’amour et la solitude, la filiation- et l’angle d’attaque toujours tenu -ne jamais s’apitoyer, tenir la route avec humour-. Car le tout, comme un bon documentaire, s’avère super super bien monté, il y a du rythme et du peps, et ce livre forme un autoportrait très réussi, plein de finesse, plein d’esprit.

ed JCLattès, 2018

Et comme Je lisaulit c’est aussi une émission sur Radio Pays d’Hérault, retrouvez Lisa Balavoine ici  https://www.rphfm.org/jelisaulit-femmes-separees-etc/

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